ACQUIN

Oai Star(c)Chris Soprano

BIOGRAPHIE

C’Est BEAU

15 septembre 2023

[ TC PRODUCTION / MODULOR ]

Son écriture à l’élégance crue et ses morceaux aux intonations rock font d’Acquin une figure singulière de la chanson française. Derrière ce pseudonyme à consonance clinique, se trouve un auteur et compositeur raffiné qui contemple l’âme humaine. Avec ce deuxième album, sobrement intitulé “C’est beau”, Acquin poursuit sa collaboration avec le réalisateur Frédéric Lo.

“Bareback”, chaleureusement accueilli par la presse, rendait évidente la poursuite de leur dialogue artistique. Après les “ellipses subversives” décrites par Libération (Acquin, le Gainsbourg du Marais), l’univers “intriguant et provocateur” remarqué par Télérama (fff – Télérama), Acquin peaufine son exquise esthétique sous le feu de nouveaux projecteurs.

“C’est beau” fait l’éloge du beau, textuellement et musicalement, et offre le plaisir d’une réflexion quasi entomologique sur l’Amour, célébré ici sous toutes ses formes.

De “Madame” à “C’est beau”, premier single qui donne son nom à l’album, les 9 titres forment une œuvre de fiction inspirée de faits réels. Empruntant autant au champ lexical des sentiments amoureux que du sexe, autant aux interdits qu’à l’amour fantasmé, “C’est beau” permet à Acquin de disséquer la savoureuse complexité des choses au bistouri de sa plume caractéristique et intuitive, jouant allègrement de phonétique : “Chopin chialant le tempo gris d’un glock chargé de trop”. Le tout ne renie aucune filiation à la chanson et Acquin en bifurque finement les habitudes. On pense à Biolay, Brigitte Fontaine ou Feu! Chatterton, cette chanson française qui met le crû et le crade en poésie, le beau bizarre décrit par Baudelaire et repris par Christophe dans l’album éponyme.

C’est beau” se construit dans la sobriété et l’épure, mettant la voix au cœur de la production. Le piano et le chant s’habillent de synthés, de clarinettes, de guitares, de rythmiques simplex. Les instruments surprennent et forment une “pocket symphony” – dixit Frédéric Lo –  qui, loin de toute esbroufe, fonctionne par ses choix subtils. Aucun titre ne se répète et la patte est chaque fois bien signée.

Avec Nicolas Comment, photographe – réalisateur et auteur-compositeur, Acquin prolonge ce disque en images. Leur note d’intention : le beau est dans ce que le regard évite mais que l’art donne à voir. Dans ses clips, Acquin s’éclipse de sa place de chanteur pour devenir un personnage distant de court métrage.

Tel un un deuxième mouvement de concerto, ou bien l’autre facette d’une même pièce, Acquin expose par ce disque un tableau lumineux, et de nouveau ne manque pas de surprendre.